Avant propos ( par Pierre Albaladéjo )

La Corrida, véritable "fiesta brava" est un monde de contrastes.
Le soleil et l'ombre déjà séparent les classes.
Il y a celui qui sait et ne dit rien et celui qui explique tout sans jamais rien savoir. C'est la grande fête du contraste de celui qui aime le Toro et celui qui préfère le Torero.
Ce "milieu" fascine et ne peut laisser indifférent, on aime ou l'on hait.
On le sait méfiant, discret, soupçonneux.... et pourtant c'est lui qui est soupçonnable.
Beaucoup disent de ce "milieu" qu'il n'est pas fréquentable et c'est eux mêmes qui le recherchent. Au dessus de toute contingence, de tout a priori, de sentiments contradictoires, la "fiesta brava" existe et ne cesse de passionner.
La Corrida peut surprendre.

Elle peut être grande lorsque l'on ne l'attend pas. C'est dans cette complexité qu'elle puise sa signification.
Il n'y a pas de science infuse et nul n'est capable de prédire la bonne ou la mauvaise prestation de tel ou tel toro avant que celui-ci n'est commencé son combat
C'est aussi vrai pour le Torero, ce n'est qu'après l'exécution de l'œuvre que l'on juge l'artiste.
Si personne ne peut garantir la qualité de la Corrida à venir, nombreux sont les aficionados qui, par contre, connaissent le sérieux d'un élevage, la bonne composition d'un programme, la philosophie d'un organisateur.
On ne peut tout mélanger et être à la fois Séville et Madrid. C'est une affaire de sentiments, de goûts, de culture et de Terroir.
La Corrida doit être le grand rendez-vous avec la peur, l'envoûtement, le mythique, l'art et le combat. Le meilleur sera toujours le fruit de véritables professionnels qui conjuguent leur talent, qu'ils soient Toreros, imprésarios ou éleveurs de bêtes braves.
Rien ne pourra nous faire oublier l'émotion, le frisson, l'angoisse et le respect que nous devons à l'homme et la bête. Lorsque le matador triomphe devant un Toro brave qui l'oblige à se surpasser et à se jouer la vie, il n'est pas nécessaire de les dissocier. L'un sans l'autre n'a pas de raison d'être.

Pierre Albaladéjo